Terrains abandonnés : les fermes solaires au service du retour de la biodiversité

Le gouvernement veut accélérer le déploiement de l’énergie solaire en France. Quels que soient les scénarios retenus pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il estime que les installations de production d’électricité par le photovoltaïque devront connaître un essor massif. « D’ici à 2028, on a besoin de les multiplier par trois et par sept d’ici 2050 », a souligné la ministre de la Transition écologique, le 3 novembre dernier. Parmi les 10 mesures annoncées pour y parvenir figure la mobilisation tous azimuts des surfaces susceptibles d’accueillir les panneaux solaires. Cette ambition vertueuse en matière de décarbonation pourrait-elle se doubler d’une bonne nouvelle pour la biodiversité ?

 

Premier élément de réponse : la reconquête des friches pourrait être « un levier au service de la lutte contre l’artificialisation des sols » et « un véritable enjeu pour l’aménagement durable des territoires ». 


C’est ce que souligne l’Agence de la transition écologique (Ademe) en préambule de son appel à projets « Reconversion des friches polluées » en 2021. Cela explique le changement opéré par l’État. Jusqu’à présent, il réservait l’installation de panneaux photovoltaïque en priorité sur les bâtiments, puis sur les espaces délaissés des zones urbaines, dans les espaces anthropisés des zones naturelles (anciennes installations classées, carrières, centres de stockage de déchets…) « sous réserve que la nature n’ait pas repris ses droits », et enfin dans les zones naturelles et agricoles.

 

Dans cette continuité,  Barbara Pompili souhaite désormais accélérer le déploiement des projets « dans tous les autres espaces où on peut mettre du photovoltaïque ». Précisant que la question du photovoltaïque sur les terres agricoles serait traitée par le Premier ministre. Déjà, la loi Climat et résilience du 22 août 2021 renforçait l’obligation d’installer des panneaux photovoltaïques sur les entrepôts, hangars, parkings et grands immeubles.

 

Mais dans cette quête d’espaces, l’opportunité offerte par ces « terrains abandonnés » et déjà artificialisés, est désormais favorisée grace au nouvel arrêté permettant d’attribuer un soutien public à des projets photovoltaïques de moins de 500 kW sans appel d’offres et qui devrait être publié sous six mois après concertations puis notification auprès de la Commission européenne, afin de valoriser des terrains dégradés présentant des enjeux limités en termes de biodiversité et de paysage . D’autant qu’elle ouvre de gigantesques perspectives de production photovoltaïque !

 

Une étude de 2019 de l’Ademe a permis d’identifier que le potentiel de telles friches (industrielles, tertiaires, commerciales, et autres sites pollués et délaissés, à l’exclusion des zones agricoles est estimé à 49 GWc.

 

La question de l’impact des fermes photovoltaïques sur la biodiversité n’est pas tranchée

 

Une étude approfondie [1] pour mieux quantifier l’impact des installations photovoltaïques sur l’artificialisation des sols et la biodiversité sera lancée début 2022 par les services de l’État et ses opérateurs. Certains chercheurs soulignent déjà qu’elles pourraient, après une période de perturbation transitoire, permettre d’attirer de nouveau tout un écosystème de faune et de flore. En 2016, l’Etat américain du Minnesota a introduit une loi incitant au développement dans les parcs photovoltaïques d’une végétation sauvage propice à la prolifération d’insectes pollinisateurs. Des études ont alors montré que la transformation des surfaces recouvertes par ces parcs en habitats pour les insectes augmentait significativement la productivité des champs environnants, permettait de lutter contre l’effondrement des populations d’insectes et rendait de nombreux autres services aux écosystèmes.[2]

 

Le savoir-faire d’Apex Energies se déploie déjà dans ce type d’installations vertueuses

 

Chez Apex Energies, la question de la biodiversité est au cœur de nos préoccupations lorsque nous créons des fermes solaires sur des « terrains abandonnés ». Ainsi, pour la centrale photovoltaïque au sol de Saint-Jory-de-Chalais (Périgord), son maire, Bernard Vauriac, témoigne : « La parcelle choisie était à l’origine à vocation agricole mais inexploitable car trop humide ». Le terrain de 2,7 hectares dans la zone d’activités du grand Gué, située dans le périmètre du parc naturel régional Périgord-Limousin, était donc le champ d’expérimentation idéal pour développer une centrale solaire au sol de 5 070 panneaux d’une puissance unitaire de 445 Wc. Avec une production annuelle de 2.7 GWh, cet équipement, mis en service en mai dernier, produit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 800 ménages et permettra d’éviter plus de 170 tonnes de CO2 sur 30 ans. L’assèchement puis la remise en état du terrain a permis l’enherbement. Des moutons et brebis broutent désormais l’herbe sous les panneaux. Autre vertu de la centrale : des panneaux pédagogiques sont installés sur le site pour expliquer l’énergie solaire aux écoliers des environs.

 

Un autre exemple en Sologne à Salbris (41)

 

Appelée la friche Roll, depuis que la société EGGER ROL spécialisée dans la fabrication de panneaux de bois en aggloméré a cessé son actrivité en 1996. Les locaux ont ensuite été achetés par la commune et loués à plusieurs entreprises jusqu’en 2005 pour ensuite devenir une friche du fait d’un coût de dépollution trop importante pour être supportée par la commune.

« L’équation économique était compliquée et y construire des lotissements où il aurait fallu interdire aux habitants de jardiner aurait été absurde et cher », explique Olivier Pavy, ancien premier édile de la commune de 2014 à 2020 et président de la communauté de communes de la Sologne des Rivières.

Le maire cherche alors comment valoriser ce terrain, et les énergies renouvelables sont vite apparues comme la piste intéressante. L’aménagement d’une centrale photovoltaïque au sol permettait de reconvertir la friche Rol sans créer de nuisance et en produisant une électricité verte, non émettrice de carbone. Le projet a également fait l’objet d’un financement participatif piloté par Apex Energies via la plateforme de crowdfunding Enerfip et 180 000 € ont pu être collectés.

Les 5 564 panneaux photovoltaïques gérés par Apex Energies ne dégagent aucune pollution et produisent 2 358 MWh/an, soit près de 10 % de la consommation d’électricité de la commune et de ses 5 300 habitants. La centrale au sol a été mise en service en 2019. Une clôture végétale de deux mètres, soit la hauteur des panneaux, est érigée ainsi que des ruches pour la sauvegarde des abeilles et la préservation de la biodiversité.

 

(1)https://librairie.ademe.fr/energies-renouvelables-reseaux-et-stockage/17-etat-de-l-art-des-impacts-des-energies-renouvelables-sur-la-biodiversite-les-sols-et-les-paysages-et-des-moyens-d-evaluation-de-ces-impacts.html

 (2) https://www.pv-magazine.fr/2019/11/22/les-parcs-solaires-favorisent-la-biodiversite-en-recreant-les-conditions-de-sol-preindustrielles/
https://www.pv-magazine.fr/2020/05/27/les-parcs-solaires-ont-un-meilleur-impact-sur-la-biodiversite-que-la-monoculture-intensive/

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